IT et innovation : les frères ennemis
Des managers me posent fréquemment la question suivante: comment se fait-il que des projets informatiques prennent autant de temps? Cela devrait être réglé en 3 clics de souris et au lieu de cela, les modifications prennent un temps fou et/ou on se ramasse plein de bugs, c’est très compliqué à utiliser, etc.
Peut-on y remédier? Certainement, et voici comment…
Les frères ennemis
La première chose pour résoudre un problème est de le comprendre et identifier sa cause première. Et dans le cas de l’informatique, une cause première est souvent l’amalgamme entre innovation et informatique.
En effet, l’informatique a introduit de nombreuses innovations. Du coup, on pourrait penser que “informatique = innovation“. Il n’en est rien. Oubliez cela! Le téléphone, la radio ou la télévision ont aussi été des innovations et auraient pu être qualifiés à l’époque de “nouvelles technologies de l’information et de la communication” (NTIC) ou “IT” en anglais (Information Technologies).
L’informatique n’est ni plus ni moins que le traitement automatique de l’information, soit en d’autres termes: une industrialisation du traitement d’informations.
Qui dit industrialisation, dit automatisation, processus et rationalisation. Cela ne peut se faire en 2 ou 3 clics.
Comment informatiser?
Industrialiser la fabrication d’une seule voiture est un non-sens et coûterait énormément. De même, créer un logiciel ou un service pour une seule personne est une aberration. Un critère clé pour industrialiser est d’atteindre une masse critique, passée laquelle les rendements d’échelles rendent le coût marginal (1) extrêmement faible.
Si l’on regarde les succès du moment (Google, eBay/Paypal, Amazon, LinkedIn…) on comprend bien que c’est la masse d’utilisateurs qui fait le succès. Avec peu d’utilisateurs, ces systèmes vont droit à la faillitte et à l’oubli, comme le défunt télex.
Pour informatiser, il faut donc une masse critique. D’autres critères de réussite sont les possibilités de formalisation, afin de pouvoir automatiser tous les cas possibles. Cela n’a rien à voir avec l’innovation.
L’Union fait la force
Eendracht maakt macht. En alliant informatique et innovation, on peut créer de nouveaux produits et services à valeur ajoutée et en tirer un avantage compétitif.
C’est l’essence même de notre philosophie de l’e-business. L’e-business concerne tout business fait de manière électronique, mêlant informatique et communication (NTIC). En concevant des modèles e-business modulaires, on permet d’y intégrer l’innovation.
Pour prendre un exemple hors e-business, on peut comparer l’approche à celle d’IKEA, société leader de meubles en kits. De nouvelles gammes de produits, parfois fort différentes, sont régulièrement conçues… mais toujours avec les mêmes concepts et la même petite clé Allen pour le montage! Et on peut combiner les meubles et accessoires entre eux pour les personnaliser (boutons de portes,…).
La même approche fonctionne à merveille en e-business. La philosophie “Web 2.0″ n’est pas neuve et reprend d’ailleurs implicitement ces concepts de modularité et de combinaison de modules entre eux pour en créer de nouveaux.
Bien sûr, encore faut-il bien penser et concevoir ses modules en prévision de l’avenir. Mais cela, c’est une autre histoire (à venir)…
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(1) coût marginal = coût de production d’une unité supplémentaire




July 9th, 2010 at 3:19 pm
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