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Web 2.0 et Blogs: les fausses nouveautés

Au risque de semer la désillusion chez certains ou de paraâtre iconoclaste à d’autres, le Web 2.0 et les blogs ne sont pas des nouveautés de ces dernières années: ils existent depuis le tout début du World-Wide-Web. Certes, les techniques ont évolué et le nombre d’utilisateurs a augmenté, mais rien de plus.

Ce n’est pas une affirmation en l’air: je vous défie de prouver le contraire. Laissez un commentaire avec vos arguments.

En résumé, voici pourquoi le Web 2.0 est une fausse révolution…

Les blogs
Mon premier blog (log book) date de 1984 ou 1985, je ne sais plus très bien. A l’époque, c’était sur un BBS (1) et j’utilisais un coupleur acoustique pour poster mes messages (voir photo).

Modem coupleur acoustique

En 1994, j’ai lancé mes premiers “blogs” sur Internet, sur divers sujets (langage Pascal, cryptologie, logiciel de compression ARJ, etc.), et je participais à d’autres blogs (ex: blog de Robert Brault ci-dessous). Je bloguais comme un fou environ 4h par jour.

Protection de la vie privée
Au niveau protection de la vie privée, il est intéressant de remarquer que des moteurs de recherche tels que Google ont archivé la plupart de ces messages. Le stockage décentralisé du contenu l’a permis. Quelques exemples:

Le contenu apporté par les utilisateurs
En 1995 et 1996, j’ai participé au projet Syrecos qui a mis sur pied un portail de la formation continue, permettant à chacun d’apporter du contenu. Les entreprises de formations pouvaient se présenter et entrer le contenu de leur formations. Les autres pouvaient consulter le catalogue de formations et donner leur avis (une fois la formation suivie). Aujourd’hui, le site a été repris au Luxembourg et a changé de nom pour devenir www.lifelong-learning.lu.

Le projet ayant été financé par l’Europe, on en trouve encore sa description à l’adresse www.tweuro.com/tura/business/html/syrecos.html.

Le “Rich User Interface”

Au niveau de l’interface utilisateur interactif (DHTML/Javscript/CSS…), déjà en 1996 et 1997 plusieurs projets sur lesquels j’ai travaillé permettaient d’avoir un interface “riche” avec des parties de contenus rafraîchies dans les pages, la possibilité de choisir son template de présentation dynamiquement, etc. La limitation à l’époque pour ce type de technique était essentiellement la bande passante. Sur des réseaux locaux, T3 ou lignes louées à haute capacité, cela fonctionnait très bien.

Mais les connexions aléatoires et lentes des modems 14k4 et 28k8 bps de l’époque, utilisés majoritairement par le grand public, ont empêché l’utilisation de ces technologies. La “guerre des navigateurs”, entre Netscape et Microsoft Internet Explorer, a encore accentué la mise à l’écart, les deux sociétés promouvant chacun un standard différent et incompatible quant aux fonctions RUI/RUE(2).

Les business collaborent

En 1996, je donnais une conférence à l’Università Degli Studi di Milano concernant une plate-forme interactive de communication inter-administrations, citoyens et entreprises à l’aide d’outils Web. Un projet concret, PBFlow, avait été réalisé dans le cadre du projet Périclès de la Ville de Namur auquel je participais (3).

Il permettait notamment aux bureaux d’architectes, demandeurs, entrepreneurs, adminitrations communales et régionales de gérer des demandes de permis de bâtir, partiellement ou entièrement via Internet.

Ce projet a été évoqué dans la conférence “Rencontre réelle de villes virtuelles” de 1998 (voir compte-rendu).

Un très bon document de l’époque 1998 fait également le point sur les “User-Driven database” (contenu apporté par l’utilisateur) et la manière dont les business collaborent via Internet. Voir
http://www.rcss.ed.ac.uk/SLIM/public/I-studies/BvB/Namur2.PDF

En bref…

Ce qu’il manquait à toutes ces initiatives était sans doute un peu plus de marketing. Mais à l’époque, tout le monde était fixé sur l’e-commerce, fameuse “bulle internet”… Et puis vint le Y2K (problème de l’an 2000), puis la venue de l’euro.

Le Web 2.0 n’est rien d’autres que le web d’aujourd’hui, qui a pu évoluer grâce aux vitesses d’échanges de données plus rapides et au nombre croissant d’utilisateur. Il est plus mature et convivial… mais cela ne reste que le Web.

___
(1) BBS = Bulletin Board Services. Les plus connus étaient Compuserve et America-On-Line (AOL).
(2) RUI = Rich User Interface; RUE = Rich User Experience
(3) Attention, ce projet Péricles de la Ville de Namur de 1994 n’a rien à voir avec le nouveau projet Wallon Périclès lancé en 2006.

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